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Journal de Neurochirurgie

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Interview du Prof.Sidi Said par la Tribune - par webmaster le 24/07/2009 : 21:11

Selon le Pr Abderahmane Sidi Saïd, président de la société algérienne de neurochirurgie

«80% des décès enregistrés sur nos routes sont dus à des traumatismes crâniens»

La tribune du 18/05/2009

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Entretien réalisé par Bilal Larbi

La Tribune : Professeur, pouvez-vous, en guise d’introduction, nous faire un bilan du dernier congrès de la
Société de neurochirurgie de langue française dont vous étiez le président ?
Professeur Abderrahmane Sidi Saïd :
Je me dois de vous dire au préalable que nos avions un  programme extrêmement chargé. Nous travaillions parfois jusqu’à 20 heures. Sans entrer dans des détails qui prendraient beaucoup de temps et qui risqueraient d’encombrer le lecteur, je dirai que les interventions des spécialistes algériens constituaient quelque 35% du volume total des interventions. Les thèmes discutés étaient bien évidemment très variés. Mais nous avons privilégié les sujets qui nous (pour la société algérienne de neurochirurgie) semblaient prioritaires à l’instar de l’endoscopie, de la neurochirurgie pédiatrique et de la pathologie vasculaire. Pour cette dernière, il y a lieu de vous dire qu’elle se traite par embolisation, c’est-à-dire que l’on n’a pas recours à la chirurgie traditionnelle.
Ailleurs, cette pathologie est prise en charge par les radiologues. Chez nous, ce n’est malheureusement pas le cas.

Et à quoi cet état de fait est-il dû ?
J’estime qu’il y a une défaillance quelque part. En dépit du fait que l’Etat ait mis des moyens colossaux, particulièrement tout ce qui a trait aux équipements, force est de constater que les choses n’évoluent pas. Il y a probablement une défaillance humaine. Si les neuroradiologues ne se manifestent pas pour prendre en charge cet aspect, nous sommes en tant que neurochirurgiens prêts à le faire. Pour en revenir au congrès, je me dois de vous dire que la part  du lion des interventions a été consacrée aux traumatismes crâniens.

S’agissant de ce dernier point justement, qu’y a-t-il lieu de dire de la situation prévalant dans notre pays ?
Les gens doivent savoir que, sur cent décès enregistrés sur les routes, 80% sont dûs à des lésions cérébrales ou celles relatives à la moelle épinière. Il y a un très grand travail à faire. Si l’aspect lié à la prévention est des plus déterminants, il n’en demeure pas moins que la prise en charge des malades doit s’améliorer. Pour que cette dernière le soit, il est impératif que le nombre de neurochirurgiens dans notre pays soit revu à la hausse. Actuellement, nous sommes quelque 300 neurochirurgiens pour quelque 36 millions d’habitants, ce qui représente à peu près quelque chose comme 1 neurochirurgien pour 120 000 habitants. Inutile de vous dire que nous sommes en deçà des normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) puisque cette dernière préconise un neurochirurgien pour 50 000 habitants. Lorsque le praticien fait l’objet d’un rush de la part des malades, cela ne peut que se répercuter sur la qualité des soins prodigués. Le spécialiste ne peut pas se concentrer sur son sujet. Il y a une forte demande alors que les structures n’ont pas évolué depuis la fin des années 1980. Beaucoup de patients souffrants sont paradoxalement mis sur la liste d’attente alors que leur cas relève de l’urgence. Cette situation n’est vraiment pas normale. Un autre facteur contribue à exacerber les difficultés rencontrées par le neurochirurgien dans son travail. Il s’agit de l’inexistence dans notre pays de cartes sanitaires des maladies relevant de la neurochirurgie. Depuis quelque temps, certaines maladies neurologiques (épilepsie, maladie de Parkinson) sont devenues chirurgicales. En 2006 déjà, nous nous sommes réunis avec nos plus proches collaborateurs (médecins urgentistes, réanimateurs et Protection civile) et nous avons convenu qu’il y avait lieu de prendre en charge, au plus vite, les traumatismes crâniens.

D’aucuns mettent en avant le manque de structures spécialisées pour expliquer la mauvaise prise en charge des patients. Quel votre avis à ce sujet ?
Les moyens existent. Nous avons les équipements nécessaires, tels l’endoscopie, les scanners… La défaillance se situe surtout au plan de la gestion des outils que nous avons sous la main. La défaillance est surtout structurelle et d’ordre organisationnel. Parfois, pour ne pas dire souvent, le médecin s’occupe de volets qui ne font pas partie de ses prérogatives alors que des structures censées prendre en charge un certain nombre d’aspects existent. Inutile de dire que de la sorte, une grande partie du temps du praticien est accaparée. On ne dira jamais assez que le spécialiste doit s’occuper de ses patients outre le temps qu’il consacre à la formation et au perfectionnement. 

Quelles sont les maladies relevant de la microchirurgie les plus fréquentes en Algérie ?
Il y a la neurochirugie pédiatrique englobant toutes les malformations et qui nécessitent un plan de prévention. Au sein des pays développés, l’adoption de ce plan a permis de réduire considérablement la survenue des malformations du système nerveux central. Outre cela, il y a les tumeurs cérébrales de l’enfant. Ces dernières, essentiellement, malignes, doivent être prises en charge au sein d’une unité d’oncologie. Chez l’adulte, il y a toutes les pathologies et  toutes les tumeurs rachidiennes. Avant que je n’oublie, je me dois de dire que la neurochirurgie est l’une des rares spécialités qui ne procèdent que rarement à l’envoi de malades à l’étranger.
En dépit des difficultés, parfois, une opération dure 8 heures, nous nous surpassons pour donner le meilleur de nous-mêmes.

Pensez-vous que la prise en charge des malades s’améliorera à l’avenir ?
Je ne le pense pas, j’en suis convaincu. Avec les nouvelles techniques, la prise en charge ne pourra que s’améliorer. Lors de rencontres comme ce fut le cas avec ce 59ème congrès de la SNCLF, les opportunités d’échange d’expériences et de manière de procéder sont très grandes. Ce n’est que de la sorte que nous pouvons améliorer les prestations que nous offrons à nos malades. Mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure, il est important qu’une meilleure rigueur et organisation soient réunies au sein de nos structures hospitalières.

Professeur, aimeriez-vous ajouter quelque chose en guise de conclusion à cet entretien ?
La prise en charge des traumatismes crâniens ne peut être assurée sans une stratégie minutieusement étudiée d’un plan de prévention. Il est plus qu’urgent que tout le monde s’implique afin que le nombre d’accidents enregistrés sur nos routes baisse. Ce n’est pas uniquement l’affaire des pouvoirs publics mais de toute la société civile. Il faudrait penser à cibler les élèves des écoles car ce sont eux les conducteurs de demain.



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