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Journal de Neurochirurgie

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Casser ce tabou... - par webmaster le 01/12/2008 : 14:25
La Tribune Online
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
- 29/11/2008

Dédramatiser la maladie, opter pour un traitement monothérapeutique et éviter aux patients autant de radiographies, parfois inutiles, comme l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), sont les recommandations que prodigue le professeur Hamri, médecin-chef au service de neurologie du CHU Ben Badis de Constantine, à l’ensemble des résidents. «L’épilepsie est de mieux en mieux prise en charge au niveau de notre structure sanitaire. A cet effet, une unité se charge quotidiennement des consultations. Elle a été mise sur pied en 2005», nous dira le docteur et d’ajouter : «Le même service prend en charge des nouveau-nés en raison de l’absence de  neuropédiatres.»

 L’examen clinique, dira-t-il, devra accaparer 80% du diagnostic pour détecter l’étiologie et adapter le traitement approprié. «Il existe plusieurs formes d’épilepsie. Il est nécessaire de commencer par un examen neurologique normal avant d’engager des tests supplémentaires», soutient-il encore. Pour sa part, Mme Boulefkhad, maître-assistante, qui assure des consultations quotidiennes aux malades depuis l’ouverture de cette unité, met l’index sur  les médecins qui «bourrent» leurs patients de médicaments alors qu’une molécule suffit au traitement, si elle est bien choisie. Cela engendre, selon elle, des complications intermédicamenteuses qui influent négativement sur la santé du malade et lui contraignant un séjour assez long à l’hôpital. Unanimes, le professeur et sa maître-assistante attestent qu’un bon généraliste -sans avoir recours à un neurologue- pourrait  assurer le suivi d’un épileptique, pour peu qu’il connaisse la sémiologie de la crise. Les symptômes de cette dernière diffèrent d’un patient à un autre, poursuivent-ils. Parfois, des écoliers, notamment ceux de première année, enregistrent des distractions qui leur coûtent des échecs scolaires. Cependant, rares sont les enseignants, et même les parents, qui comprennent ce phénomène : il s’agit d’une forme de la crise d’épilepsie. Sur ce dernier point, la psychologue du service interviendra : «Nous inculquons la conception de la maladie aux parents comme aux sujets atteints. A chacune de nos interventions, le tabou est remis en cause pour le casser. Il importe surtout de dédramatiser l’épilepsie en apportant des explications scientifiques et une aide psychologique. En plus, dans le cas des enfants scolarisés, des recommandations seront adressées par nos soins aux enseignants afin qu’ils soient informés de leurs écoliers malades et qu’ils les traitent comme les autres. Avec une bonne hygiène de vie et un suivi régulier de la prise du médicament, le malade mènera une vie normale.»

Le service, d’une capacité de 54 lits (hommes et femmes), affiche complet annuellement. Ce sont les formes rebelles de l’épilepsie, avec un  taux de 30%, qui remplissent, pour la plupart, les salles. «Ces pharmaco-résistants, comme nous l’avons déjà souligné, sont victimes de “surmédication”. Aux Etats-Unis, trois molécules sont utilisées pour le traitement de cette maladie. En Algérie, il y en a plus…On ne le répètera jamais assez :
évitons les examens inutiles et optons pour un seul médicament au départ. C’est une maladie que l’on peut maitriser. Il faut poser un diagnostic intégré dans un cas étiologique précis», réitère M. Hamri, qui tire aussi à boulets rouges sur des médecins qui abusent de l’utilisation des électroencéphalogrammes pour faire marcher leur «machine». «Un seul suffit, sauf pour les cas sévères», martèle notre interlocuteur.

Chaque jour, l’hôpital enregistre au moins un sujet en état de mal épileptique. La cause en est souvent l’association de l’alcool, contre-indiqué au médicament préconisé. Pour le reste, c’est des rendez-vous en boucle. Pour l’année 2007, Mme Boulefkhed et trois résidents en fin de cursus avaient réexaminé près de 700 patients. Un seul point noir endigue parfois le diagnostic rapide. Il a trait à l’indisponibilité d’une imagerie au CHU. Avec un seul scanner en fonctionnement, il est vraiment difficile de décrocher un rendez-vous aux patients du service. Quant à l’IRM, lorsqu’elle s’impose, le mérite, selon l’assistante sociale, revient en premier lieu à la clinique privée El Hoceini, laquelle, en plus d’activer les rendez-vous, vient à la rescousse périodiquement «à titre bénévole» de deux nécessiteux par mois. «C’est un geste qui mérite d’être souligné, face à l’incapacité du CHU de mettre sur pied une IRM pour ces malades, dont les conditions sociales sont alarmantes», dira M. Hamri, qui est aussi membre de la commission de la Direction de l’action sociale (DAS) de Constantine, au sein de laquelle il opère. «Il faut encourager l’épileptique à  travailler. Il n’existe pas de cas dépassant la réforme à 50%, sauf dans des manifestations rebelles», recommande-t-il. En somme, la conception de la maladie aura changé et la neurologie au CHU est en train d’épouser ces évolutions. Elle s’est départagée par pathologie : la sclérose en plaques, chapeautée par M. Mzahem et  l’épilepsie par Mme Boulefkhed.

Le médecin-chef voudrait, à l’avenir, développer la neurochirurgie d’épilepsie en s’articulant sur des consultations élaborées par l’EG vidéo. Dans la foulée, il fait appel à toutes les compétences médicales désireuses de pratiquer dans cette optique. Cette option sera confortée par le partenariat avec la ville de Grenoble (France) dans le cadre d’un jumelage avec la ville de Constantine : exploration fonctionnelle, consultation et encéphalopathies  constituent le pôle neurologique à développer dans un futur proche au CHU Ben Badis.


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