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Journal de Neurochirurgie

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Pr Souad Bakhti. Présidente de la Société algérienne de la neurochirurgie : Nous avons fait notre travail

La venue d’une équipe médicale américaine, cette semaine à l’hôpital Médéa, dans le cadre d’une opération de volontariat, a déclenché une vive polémique suite à la réaction de la Société algérienne de neurochirurgie face aux propos jugés «diffamatoires» de l’association organisatrice de l’événement. El Watan Weekend a voulu recentrer le débat pour mettre l’accent sur le vrai problème : l’inexistence d’une prévention contre la myéloméningocèle, une des formes du spina bifida, à l’origine du déplacement de cette équipe.

- Quel constat  faites-vous, aujourd’hui, sur le spina bifida ?

Il faut que vous sachiez que la myéloméningocèle, une forme très spécifique de spina bifida, est une pathologie pratiquement disparue dans les pays développés, vu qu’ils ont travaillé sur l’aspect prévention. Car on sait que l’acide folique administrée deux mois avant la grossesse et le premier trimestre permet de réduire de 70%  cette maladie.

Malheureusement, nos gynécologues se limitent à la donner au premier trimestre seulement. Donc, si nous voulons opter pour cette alimentation, il faut que le programme des unités de protection maternelle et infantile (PMI) des années 1970 soit relancé. Dans les autres pays où l’interruption de grossesse est autorisée, on donne le choix aux parents. Pourquoi donc ce problème de prévention tombe sur le dos des neurochirurgiens ?

- Pourquoi n’y a-t-il pas de campagne de sensibilisation ?

Le Comité national de neurochirurgie avait recommandé, en 2008, au ministère de la Santé, de lancer des campagnes de sensibilisation concernant l’acide folique. Si on relance d’ailleurs les PMI, le problème sera réglé. Les neurochirurgiens ont fait leur travail.  A l’époque du ministre Ziari, il y a eu un arrêté concernant la prévention contre le spina bifida. Malheureusement, rien n’a été appliqué. Le problème se pose au niveau des systèmes de prévention. Nous sommes des praticiens et nous ne pouvons à aucun cas nous substituer aux directions de prévention. Nous avons même mis le programme de prévention sur site. Non seulement nous avons fait tout cela, on se fait insulter en plus.

- Pourquoi avez-vous affiché une colère contre la venue d’une équipe américaine de médecins en Algérie ? En quoi vous cela vous dérange ?

Je n’ai rien contre l’équipe américaine, mais contre la manière dont les choses sont faites. Car ces médecins qui sont venus sont des collègues, on peut discuter, collaborer et  échanger. Ce qui est inadmissible, c’est le fait de dénigrer la communauté neurochirurgienne par cette association organisatrice. Cette maladie, on ne la voit plus dans les pays  développés, parce qu’il y a la prévention et l’interruption de grossesse. Donc expliquez-moi dans un pays comme les Etats-Unis, comment peuvent-ils s’intéresser à une pathologie qui n’existe plus. Je suis quasiment sûre qu’ils ont vu moins de cas que nous.

Ce sont des enfants qui nécessiteront plusieurs chirurgies durant toute leur vie, car ils ont d’autres malformations et d’autres complications. Ces patients nécessitent un suivi à long terme qui sera fait par les Algériens. La réparation consiste à  mettre à plat la peau. L’enfant né avec un degré de paralysie l’aura toujours. Le petit Mounib est toujours sur une chaise roulante ! Jusqu’à présent il n’y a pas de technique validée pour réparer la moelle dans myéloméningocèle.

Cette association est en train de faire croire beaucoup de choses à ces malades. En 2008, il y a eu des mails insultants de la part de cette association qui nous traitait d’incapables.  Ce que nous regrettons c’est de nous traiter d’incapables par ce monsieur Elyès Felalai. Il n’est même pas venu voir les médecins. Ce sont des propos insultants. Toute la communauté neurochirurgicale n’a pas accepté les diffamations de celui-ci.

- Le travail d’une équipe pluridisciplinaire est donc inexistant ?

Un exemple récent, sur les 120 derniers cas opérés à l’hôpital Mustapha, tous nés entre 2011 et 2015, aucune maman n’a eu de supplémentation. Personne ne les a informées sur l’importance de l’acide folique. Autre point à soulever,  la myéloméningocèle n’est pas l’affaire du neurochirurgien seul.

On est en train de jeter la balle à cette corporation. Les neurochirurgiens vont dépendre d’une équipe pluridisciplinaire, comme les urologistes, les anesthésistes, les pédiatres… Une prise en charge sans cette équipe est incomplète. Nous ne réglons pas le problème.  Les malades, on les opère sans problème. Nous savons qu’à l’hôpital de Médéa, il y a deux neurochirurgiens qui sont partis d’ici (CHU Mustapha) qui savent opérer la myéloméningocèle, mais qui n’ont jamais pu la faire, parce que les réanimateurs refusent d’endormir les enfants !

El Watan



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