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Bio express :
Né à Alger le 27 mars 1930, de parents catholiques sociaux engagés dans le syndicalisme chrétien, eux-mêmes nés en Algérie, il effectue ses études primaires et secondaires au collège Notre-Dame d’Afrique, puis des études de médecine à Alger. C’est à l’université, entre 1947 et 1950, qu’il prend conscience des limites du réformisme social ainsi que de la puissance du juste mouvement d’émancipation des peuples anciennement colonisés. Devenu responsable de mouvements de jeunesse éducatifs catholiques (notamment par le scoutisme), il participe aux contacts entrepris en 1951 entre les responsables de mouvements de jeunesse en Algérie. Il contribue à la création de l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action sociale (AJAAS) en 1952 et devient membre du comité de rédaction de la revue Consciences Maghrébines (1954-1956).
A partir de décembre 1954, Pierre Chaulet milite à Alger dans le FLN (transport et hébergement de militants et responsables clandestins – dont Ramdane Abane et Larbi ben M’hidi –, soins aux malades et aux blessés, diffusion des tracts du FLN et d’El Moudjahid clandestin). Correspondant du journal l’Action (Tunis) de décembre 1955 à février 1957, il est arrêté une première fois en novembre 1956 en même temps que sa sœur, puis relâché faute de preuves ; il est encore arrêté et emprisonné à Serkadji en février 1957, puis expulsé d’Algérie en mai 1957. En décembre 1957, il soutient sa thèse de doctorat en médecine à Paris et rejoint Tunis, où son épouse Claudine et son fils Luc l’ont précédé. Il participe alors régulièrement, jusqu’en juillet 1962, à la rédaction d’El Moudjahid (en langue française) et à diverses activités développées dans le cadre du ministère de l’Information du GPRA (centre de documentation, commission cinéma-son) tout en poursuivant son activité professionnelle de médecin spécialiste dans la santé publique tunisienne et au service de santé de l’ALN-FLN (base de Tunisie). Il participe aux groupes de travail chargés de préparer des dossiers pour les pourparlers algéro-français qui aboutiront aux Accords d’Evian.
Après l’indépendance, sa carrière professionnelle est consacrée à la santé publique. La nationalité algérienne lui ayant été officiellement reconnue en juillet 1963, il est d’abord médecin spécialiste à temps plein, puis assistant et enfin maître de conférences agrégé à la clinique de pneumo-phtisiologie du CHU Mustapha jusqu’en 1971, avant de devenir professeur chef de service de pneumo-phtisiologie au CHU de Beni Messous de 1972 à 1994. C’est à ces postes qu’il contribue, avec ses collègues, à l’organisation de la lutte contre la tuberculose au niveau national et qu’il développe, par l’enseignement et la recherche, des stratégies de prise en charge des principales maladies respiratoires en Algérie. Parallèlement, il est élu délégué à l’Assemblée populaire communale d’Alger de 1967 à 1971, et vice-président de l’Observatoire national des droits de l’homme de 1992 à 1996.
De juin 1992 à février 1994, il est chargé de mission (pour le secteur de la santé) auprès du chef du gouvernement (Belaïd Abdesselam, puis Rédha Malek).En février 1994, directement menacé par le terrorisme islamiste, Pierre Chaulet s’exile à Genève où il travaille pendant quatre ans et demi comme médecin de l’OMS dans le Programme mondial de lutte contre la tuberculose, accomplissant à ce titre de nombreuses missions en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. De retour à Alger depuis 1999, il fait partie du Comité national d’experts de la tuberculose et des maladies respiratoires auprès du ministre de la Santé et devient consultant en stratégies de santé publique auprès du Conseil national économique et social depuis 2006.
Source El Watan
Un agent de la Protection civile d’Aïn Témouchent, âgé de 33 ans, a subi avec succès une opération de chirurgie rachidienne par système de neuronavigation à l’Etablissement hospitalier (EH) Dr Benzerjeb d’Aïn Témouchent.
C’est la première opération en ce genre à l’échelle du Maghreb, a déclaré à El Watan Dr Hasni, neurochirurgien de cet hôpital. Ce patient, victime d’un accident de travail, souffrait d’une fracture comminutive d’une vertèbre. L’acte chirurgical a duré plus de deux heures. Il se porte bien. Alors, l’équipe médicale a utilisé un matériel médical très sophistiqué : osséofixe fabriqué aux USA.
L’avantage est de guider l’opération par ordinateur et de faciliter le placement des vis et des tiges en percutanée. En effet, selon notre source, le service de neurologie de cet EH a réalisé sept premières en Algérie en chirurgie rachidienne sous divers types : cage inter-somatique, prothèse discale, tige dynamique, neuronavigation, remplacement du corps vertébral, cage plaque intersomatique et osséofixe.
La neurochirurgie à Aïn Témouchent est en nette avance par rapport aux autres services à travers les établissements de santé à l’échelle nationale.
El Watan
Le professeur Moncef Khaldi, pionnier de la neurochirurgie tunisienne est décédé, samedi 30 juin 2012 à Tunis, des suites d’une grave maladie.
Né à Tozeur en 1944, Dr Khaldi a marqué sa génération de son savoir, son habileté et sa pédagogie.
Il était diplômé de la faculté de médecine de Tunis dont il fut le premier résident en neurochirurgie.
Après des stages en France, auprès de grandes sommités en la matière, tels que les professeurs Jean Pierre Caron et Bernard Pertuiset qui l’initièrent au traitement chirurgical de nombreuses pathologies, il parvint grâce à sa persévérance, à introduire dans le service de neurochirurgie de l’Institut national de neurologie qu’il dirigea de 1988 à 2009, la stéréotaxie, la neuronavigation, le bistouri à ultrasons et la neuroendoscopie.
Ces outils lui ont permis d’intervenir sur des tumeurs du tronc cérébral, des craniopharyngiomes et des tumeurs médullaires avec un taux de réussite qui a, largement, contribué à la réduction de l’envoi de malades tunisiens à l’étranger.
En mars 2006, c’est une autre aventure médicale qui commence avec son équipe, en collaboration avec celle du professeur Fayçal Hentati, en opérant avec succès un patient atteint d’une forme sévère de la maladie de Parkinson et échappant à tout traitement médicamenteux.
Auteurs de très nombreuses publications scientifiques, il fut le président de la société tunisienne de neurochirurgie et membre du bureau de l’association française de neurochirurgie.
Les travaux du 5e Congrès maghrébin (jumelé au 27e congrès national) de Neurochirurgie de la Société algérienne de neurochirurgie ont débuté le vendredi 8 juin, et ce, jusqu’au 11 du mois en cours à Hôtel Shératon.
Les nombreuses avancées technologiques de ces dernières années dont ont bénéficié les sciences médicales en général et la Neurochirurgie et l’imagerie médicale en particulier nous ont dicté l’élaboration du programme scientifique, a tenu à préciser le Pr Abderrahmane Sidi Saïd, président de la SAN et de souligner : «En raison des diverses difficultés pour assister à l’étranger à des rencontres scientifiques internationales, la participation en Algérie de nombreux référents de notre spécialité constituera une opportunité pour nos jeunes neurochirurgiens et nos résidents exerçant à travers le territoire national d’échanger et de parfaire leurs expériences.»
Les thèmes choisis pour les travaux concernent l’endoscopie, la neuro-oncologie pédiatrique, les pathologies rachidienne et vasculaire ainsi que les tumeurs cérébrales susciteront sûrement de nombreux débats et discussions. En marge de ce congrès se tiendra, au CHU Frantz Fanon de Blida, le deuxième cours africain de Neuro-Endoscopie les 7 et 8 juin 2012, après avoir organisé, avec le CHU Bab El Oued, en mars 2012, la journée maghrébine sur la chirurgie de l’épilepsie et en avril 2012 à l’hôpital Salim Zmirli un «cours international sur la neurochirurgie fonctionnelle».
Par ailleurs, au vu des difficultés humaines et structurelles relatives à la prise en charge des affections neurochirurgicales en Afrique, le Pr Madjid Samii, neurochirurgien allemand, désigné par la Fédération mondiale des sociétés de neurochirurgie (WFNS), ambassadeur pour notre continent, ne manquera pas de nous exposer son programme de formation de cent neurochirurgiens africains (à partir de janvier 2013), projet auquel adhère pleinement notre société pour y contribuer à travers les différents centres formateurs d’Algérie.
El Watan
L’Algérie est devenue une «référence» au Maghreb et en Afrique en matière de formation et de recherche en neurochirurgie, a indiqué hier le Pr Abderrahmane Sidi Said, président de la Société algérienne de neurochirurgie. «Notre pays est devenu un centre de référence en matière de formation en neurochirurgie, aussi bien au Maghreb qu’en Afrique, et ce, grâce à l’intérêt et au soutien accordés par les plus hautes autorités du pays au développement et à la promotion des sciences médicales, en général, et de la neurochirurgie en particulier», a déclaré M. Sidi Said à la fin des travaux du 5e Congrès maghrébin de neurochirurgie à Alger.
Le Pr Sidi Said s’est réjoui également de l’engagement pris par les pouvoirs publics de réaliser, courant 2012, un institut national de neurosciences. Cet institut, qui sera un pôle de référence et de recherche, se verra confier le développement de deux niveaux de soins, à savoir la neurochirurgie de base et la neurochirurgie de pointe, avait indiqué le ministre de la Santé, M. Ould Abbès, à l’ouverture de ce congrès maghrébin.
La création, l’implantation et la normalisation de cet institut se feront avec l’appui du comité national de neurochirurgie et des experts des spécialités complémentaires à l’activité neurochirurgicale, avait encore précisé le ministre de la Santé. De ce fait, le Pr Sidi Said a considéré la réalisation de cet institut comme un apport «très bénéfique» au développement de la recherche dans le domaine de la neurochirurgie, soulignant que «les progrès réalisés ont été rendus possibles grâce à l’intensité des échanges, mais aussi à l’émergence de cadres organisés de discussion et de réflexion avec les autres spécialités».
El Moudjahid
5e congrès Maghrébin et 27e congrès national de neurochirurgie : Un compte d’affectation spécial pour lutter contre les pathologies graves
“Le ministère de la Santé prévoit le lancement, dès cette année, la réalisation d’un institut national de neurosciences, pôle de référence et de recherche», a annoncé vendredi soir le ministre de la Santé. S’exprimant lors de l’ouverture des travaux de 7e Congrès maghrébin et 27e Congrès national de neurochirurgie, dont les travaux se déroulent à l’hôtel Sheraton Club des Pins à Alger, il a souligné qu’en plus de la création de cet institut, deux niveaux de soins seront développés tels que les services de neurochirurgie de santé publique appelés à assurer la neurochirurgie de base, et les services de neurochirurgie de pointe des CHU appelés à dispenser des techniques thérapeutiques avancées.
Il dit que «la création, l’implantation et la normalisation de ces centres se feront avec l’appui du comité national de neurochirurgie et des experts des spécialistes complémentaires à l’activité neurochirurgicale».
Mettant l’accent sur le programme de ce séminaire, le ministre a indiqué que celui-ci est très important au vu des thèmes à développer, tels que les tumeurs de la base du crâne, la neuro-oncologie pédiatrique, la neuroendoscopie, la neurochirurgie fonctionnelle, etc.
Convaincu de l’apport scientifique inestimable qui découle de tout échange, Ould Abbès a affirmé qu’il est persuadé «que les échanges d’expériences qui vont avoir lieu entre les éminents spécialistes ici présents venus des pays du Maghreb et d’Europe vont permettre de déboucher sur des prises de conscience et d’apparentissage fructueuses».
Conscient de l’importance et de l’évolution de la neuro-oncologie pédiatrique, qui reste peu développée dans notre pays, il a indiqué que «le ministère de la Santé mettra à profit les moyens financiers disponibles pour lutter contre ces pathologies graves».
Il a tenu à relever que «pour lutter contre le cancer, outre les enveloppes budgétaires allouées annuellement, le ministère de la Santé dispose, depuis l’année 2011, d’un compte d’affectation spécial pour lequel une première enveloppe de 35 milliards de dinars a été mobilisée».
En matière de pathologie neurochirurgicale grave, celle-ci devrait être intégrée au Plan national de lutte contre le cancer, ce qui a fait dire au ministre que la question ne restera pas en suspens : «Nous mobiliserons toutes les ressources nécessaires au niveau des services spécialisés, pour le développement de la neuro-oncologie pédiatrique.»
Le ministre n’omet pas de mettre en exergue le fait qu’il existe, aujourd’hui, plus de 300 médecins spécialistes, dont 26% sont des femmes, et qui son répartis entre les secteurs public et privé. Constat qui confirme que ce domaine a connu une amélioration constante.
S’agissant des infrastructures, il a souligné que «l’activité de neurochirurgie est exercée au niveau de 22 établissements à travers le territoire national, soit un total de 650 lits». Ce qui est tout de même conséquent, ceci d’autant que, comme il le constate, «le développement de l’offre de soins est le fruit du travail, de la synergie des compétences et de l’implication active des centres référentiels».
De son côté, le président de la Société algérienne de neurochirurgie a souligné que «le parrainage de ce congrès par le Président atteste de l’intérêt et du soutien des plus hautes autorités de notre pays au développement et à la promotion des sciences médicales en général et de la neurochirurgie en particulier, aussi bien en Algérie qu’au Maghreb et en Afrique». Et d’ajouter : «Les progrès réalisés dans ce domaine ont été rendus également possibles, grâce à l’intensité des échanges nationaux, régionaux et continentaux, mais aussi à l’émergence de cadres organisés de discussion de réflexion avec les autres spécialistes.»
El Moudjahid
Les fistules de LCR surviennent quand il y a un defect de la base du crâne et que l'espace sous-arachnoïdien communique avec l'espace extra-dural. Galien dans le 2ème siècle après JC a été le premier à décrire la fuite de LCR après traumatisme crânien. Le terme "rhinorrhée" a été inventé par Thomson quand il décrivit les fuites nasales spontanées de LCR chez des patients.
Il existe un certain nombre de constantes en neurochirurgie pour obtenir de bons résultats pour nos patients. Il s'agit notamment d'une connaissance intime de l'anatomie chirurgicale, technique méticuleuse pour éviter les blessures aux tissus vitaux, une attention à l'hémostase, et ainsi de suite. La difficulté d'obtenir une fermeture adéquate, entraînant la perte de LCR et la communication de l'espace interne vers le milieu extérieur, peut avoir une influence désastreuse sur le résultat final d'une opération autrement sans incident.
L'importance de la fermeture du défaut dural a été mise en avant par Grant en 1923. Walter Dandy en 1926, a publié le premier rapport sur la réparation chirurgicale de la rhinorrhée CSF. Il a utilisé les muscles et le fascia de fermer un défaut du sinus frontal. L'utilisation d'un endoscope dans la réparation d'un défaut de la base du crâne a été proposé par Wigand dans 1981. Ces dernières années, les approches endoscopiques endonasales de la base du crâne ont été particulièrement en vogue. Cet aspect de la chirurgie de la base crânienne contemporaine a pris avantage de l'expertise unique de neurochirurgiens et de nos collègues ORL. Notre capacité à traverser les espaces naso-et oropharyngés pour atteindre la base du crâne et le compartiment intracrânien a réalisé des progrès considérables ces dernières années. De nouveaux matériaux biologiques et structurelles ainsi que des techniques novatrices de transfert des tissus vascularisés ont contribué également à une meilleure capacité de créer des joints qui empêchent l'évacuation de LCR.
Le traitement des fistules de LCR, que ce soit d'un traumatisme chirurgical ou accidentel, reste un défi crucial clinique et chirurgicale. Nos résultats ne sont certainement pas parfaits, mais un niveau élevé est accessible avec l'adhésion à certains principes et de compétence avec les techniques contemporaines.
Skull base cerebrospinal fluid fistula
John Diaz Day, M.D.1, and Anil Nanda, M.D., M.P.H.2
JNS Jun 2012 / Vol. 32 / No. 6 / Page Introduction
La révision des recommandations américaines pour le traitement de fond de la migraine épisodique a été présentée lors du très récent congrès de l’AAN et est issue des réflexions de l’American Academy of Neurology et de l’American Headache Society.
Les modifications les plus radicales de ces recommandations sont le positionnement du topiramate en grade A et le rétrogradage de la gabapentine, du vérapamil et des autres anticalciques en grade U. Les précédents critères remontaient à 2000. Sont classés en grade A : les bêtabloquants (metoprolol, propranolol, timolol), les antiépileptiques (divalproex sodium, sodium valproate, topiramate) et le frovatriptan en tant que prévention brève de la migraine cataméniale.
Le niveau B inclut les antidépresseurs (amitriptyline, venlafaxine), les bétabloquants (atenolol, nadolol) et les triptans (naratriptan, zolmitriptan) pour la prévention de la migraine cataméniale.
Le niveau C inclut les inhibiteurs de l’enzyme de convertion de l’angiotensine (lisinopril), les inhibiteurs du récepteur à l’angiotensine (candesartan), les alpha-agonistes (clonidine, guanfacine), les traitements antiépileptiques (carbamazepine) et enfin les bêtabloquants à savoir nebivolol, pindolol.
Enfin, sont positionnés en niveau U la gabapentine, les IRS et INRS, ainsi que les anticoagulants (acenocoumarol, warfarin, picotamide), les bêtabloquants (bisoprolol), les anticalciques (nicardipine, nifedipine, nimodipine, verapamil), l’acetazolamide, et enfin, le cyclandelate. Ces nouveaux critères tiennent compte bien sûr des travaux les plus récents des dix dernières années. Il faut noter, cependant, que la méthodologie a été modifiée. Le grade A correspond aux molécules, dont l’efficacité est établie ; le niveau B aux substances dont l’efficacité est probable ; le niveau C aux traitements, dont l’efficacité est possible, et enfin le niveau U aux traitements dont l’efficacité n’est pas prouvée ou est controversée.
Si l’on se rappelle que ces recommandations sont destinées aux médecins généralistes, on se retrouve devant un long catalogue au sein duquel il n’est pas facile de faire son choix. Il n’y a pas de priorisation indiquée, et l’on ne tient pas compte du bénéfice efficacité-tolérance. Enfin, pour des raisons de clarté, les recommandations pour le traitement de la migraine cataméniale auraient dû être isolées.
Neurology. 2012 Apr 24;78(17):1337-45.
TUNIS (TAP) – La promotion d’une dynamique de coopération entre l’Institut National de Neurologie de Tunis et l’Université de Messine (Sicile, Italie), plus particulièrement orientée sur la formation post-universitaire et visant à faire de Tunis un pôle régional africain dans le domaine de la neurochirurgie, a été au centre de l’entretien, vendredi au siège du ministère de la Santé, du ministre de la Santé, Abdellatif Mekki avec Francesco Tomasello recteur de l’université de Messine.
La rencontre a permis de passer en revue les problèmes prioritaires en matière de formation ainsi que les dernières avancées en matière de neurochirurgie.
Le ministre a pris connaissance, à cette occasion, d’une convention de coopération en cours d’élaboration en vertu de laquelle les deux parties s’engageront sur des terrains de stages à Messine en neurochirurgie et en radio-chirurgie ainsi que sur le développement, en commun, de la biologie moléculaire pour le traitement des tumeurs cérébrales.
Il est à noter que Messine est un centre de référence, en Italie, dans le domaine de la radio-chirurgie robotisée et dispose d’un cyberknife de la dernière génération.
Le président de la Société Algérienne de Neurochirurgie, le Pr Sidi Saïd, neurochirurgien à l’hôpital de Bab El Oued, insiste, dans cet entretien, sur la prévention de ces malformations, avant même la conception du bébé. Pour lui, l’apport vitaminique chez la femme enceinte est très important. Il recommande la prise d’acide folique un mois avant la conception du bébé.
-Les malformations fœtales semblent être importantes en Algérie. Certaines d’entre elles peuvent être prises en charge in utero. Qu’en est-il en Algérie ?
La chirurgie anténatale n’est pas encore pratiquée dans notre pays. C’est un concept thérapeutique récent sujet à controverses et nécessitant pour sa réalisation des indications spécifiques et de gros moyens techniques. Le problème dans notre pays réside actuellement essentiellement dans la maîtrise de la démographie, l’amélioration des soins de base, le dépistage, la prévention et la prise en charge précoce des malformations congénitales. Nous estimons à près de 860 000 le nombre de naissances par an… et une occupation des lits de l’ordre de 100% au niveau des services de maternité (avec une moyenne de 12 000 accouchements par service) et… une progression annuelle de 3 à 4% ! Si des efforts ont été consentis, notamment dans la prise en charge des principales causes de mortalité infantile (infections néonatales, diarrhées et déshydratation, broncho-pneumopathies et infections respiratoires…), le taux de mortalité infantile demeure encore élevé, il est actuellement de 24,8 /1000 naissances et les malformations congénitales, notamment celles qui touchent le SNC (Système nerveux central), constituent une des étiologies principales.
-Les malformations neurologiques seraient classées en tête, selon des études réalisées par des spécialistes, et leur prise en charge est très lourde. Qu’en pensez-vous ?
En effet, contrairement aux données rapportées par des équipes occidentales, les malformations du système nerveux central (notamment les anomalies de fermeture du tube neural) sont, selon certaines études rapportées par nos collègues algériens (Oran et Alger), les plus fréquentes et constituent une des principales causes de mortalité infantile et fœtale et une cause majeure de morbidité et de handicap. Le traitement, pluridisciplinaire, est complexe, long et onéreux contrastant avec le coût de la prévention. Celle-ci consiste en l’administration de suppléments vitaminiques, en l’occurrence les folates (ou acide folique) à toutes les femmes désireuses de grossesse (un mois avant la conception et durant les trois premiers mois de la grossesse). Il faut savoir que ce complexe vitaminique intervient dans la formation et le développement du SNC que les besoins nutritifs sont d’autant plus grands pendant la grossesse et que 25% des femmes enceintes ont une carence clinique ou infraclinique en folates. Aussi, nous estimons qu’un programme de prévention doit être élaboré. En somme, la prévention, le dépistage et le diagnostic anténatal paraissent de réalisation simple en théorie mais très difficiles en pratique pour des raisons non exclusivement techniques ou économiques.
-Quels sont, selon vous les moyens de prévention afin d’éviter à des enfants de vivre avec des maladies handicapantes ?
C’est d’abord la prévention (par l’apport de l’acide folique) ce qui a permis aux pays développés de réduire considérablement (de 60 à 70%) la survenue de ces malformations.
Le dépistage par un contrôle des grossesses, notamment chez les «femmes à risque» (femmes ayant un enfant malformé, notion de malformation dans l’entourage familial, niveau socio-économique défavorable). Il faudrait enfin une prise en charge chirurgicale pluridisciplinaire précoce et rapide de la malformation (les premiers jours après la naissance), ce qui n’est pas évident en l’absence actuelle de structures de neurochirurgie pédiatrique et vu la forte demande en pathologie tumorale.
El Watan
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