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Les XXVèmes Journées de Neurochirurgie de Ghardaia - par le 15/12/2009 @ 10:38

Des conférences sur les progrès enregistrés par la neurochirurgie sont au menu de cette manifestation scientifique qui regroupe de nombreux spécialistes des quatre coins du pays.

Après Blida en 2006, Guelma en 2007 et Oran en 2008, c'est à la ville de Ghardaïa qu'échoit l'organisation des 25es journées “Djillali Rahmouni” de neurochirurgie, du nom d'un défunt neurochirurgien très estimé par la corporation pour avoir consacré sa vie aux pathologies neurochirurgicales. Étalées sur deux jours, le 12 et 13 décembre, elles ont été ouvertes hier à l'auditorium du centre universitaire de Ghardaïa en présence d'un important auditoire universitaire et la participation d'éminents spécialistes algériens venus des 4 coins du pays. Les communications s'articuleront essentiellement autour de la pathologie neurochirurgicale, notamment les malformations du système nerveux central, la pathologie rachidienne discale (et dégénérative) et la traumatologie crânio-encéphalique. Des conférences sur les progrès enregistrés par la neurochirurgie sont également au menu de cette manifestation scientifique, notamment sur la neuro-endoscopie, la neuronavigation, la radiochirurgie et la chirurgie fonctionnelle dans ses différentes applications, tels que la chirurgie de la douleur, l'épilepsie, les mouvements anormaux, etc. Cette rencontre permettra, par ailleurs, des échanges d'expériences, non seulement entre neurochirurgiens, mais aussi et surtout avec des praticiens de spécialités différentes, tels que les neurologues, les rhumatologues, les chirurgiens pédiatres, les anesthésistes, les réanimateurs, les gynécologues obstétriciens, etc. Elle jettera ainsi les ponts pour une contribution active de la société algérienne de neurochirurgie à la formation médicale continue des personnels médicaux (généralistes) et paramédicaux exerçant au sein des structures sanitaires de la wilaya de Ghardaïa et des wilaya limitrophes, à savoir Ouargla et Laghouat. Cet évènement scientifique constituera pour les spécialistes de la question une réelle opportunité pour débattre les progrès enregistrés par la neurochirurgie et sera ainsi une bonne occasion de faire progresser cette spécialité dans l'intérêt du malade par une prise en charge efficace et efficiente. Se voulant avant tout un espace d'échanges, de savoir-faire, mais aussi de préoccupations rencontrées par les neurochirurgiens lors de l'exercice de leur métier, la société algérienne de neurochirurgie organise pour cela, chaque année, deux journées itinérantes à travers le territoire national et un congrès national ou international à Alger. Elle vient d'ailleurs d'être retenue pour abriter à Alger, du 26 au 29 novembre 2010, le 8e congrès panarabe, et ce après avoir organisé dans la capitale le 59e congrès de la Société de neurochirurgie de langue française (Snlf), avec la participation exceptionnelle de plus de 400 neurochirurgiens d'une quinzaine de pays. Pour l'histoire, rappelons que ces journées ont été initiées par le défunt professeur Ahmed Bousalah, éminent neurochirurgien originaire de Laghouat.

Par : L. KACHEMAD
Journal Liberté

Le Diplôme de Compétence Etendue en Neurochirurgie - par le 06/12/2009 @ 09:41

Synthèse représentation neurochirurgie à l’UEMS.

L’UEMS (Union Européenne des Médecins Spécialistes) est une organisation européenne en relation directe avec les instances politiques et législatives du parlement européen. Elle est également en relation avec les Sociétés Savantes Nationales qui y délèguent un ou deux représentants et l’EANS.
Elle veille à l’harmonisation et à la qualité de la formation des neurochirurgiens des pays adhérents de façon à favoriser une libre circulation de praticiens ayant une compétence validée au niveau européen. L’exigence de qualité est la priorité constamment renouvelée et est en accord avec les recommandations de l’EANS.

Les travaux des deux dernières années ont concerné :
- L’harmonisation du livret opératoire de l’interne en formation neurochirurgicale. Il s’agit du “Log-book” qui permet d’évaluer l’interne sur l’aspect pratique de sa formation. Il est conseillé à chaque interne de le consulter ou de s’y référer pour évaluer sa progression dans la formation neurochirurgicale. Le log-book est téléchargeable sur le site de l’EANS.
- L’évaluation de la démographie neurochirurgicale en Europe. Une grande enquête a été menée pour connaître le “manpower” neurochirurgical de chaque pays. L’objectif était de faire un état des lieux et surtout d’élaborer des recommandations sur les perspectives en formation de jeunes neurochirurgiens.
A titre d’illustration, chacun sait que la population neurochirurgicale est beaucoup plus dense en Allemagne qu’en France car les modalités de recrutement sont très différentes. La synthèse de cette enquête vient d’être publiée dans Acta Neurochirurgica, 2009, 151 (6) : 715-21 Epub 2009,May 27.
L’UEMS demande à maintenir la réactualisation de ces données démographiques car un impact est immédiatement perceptible : la libre circulation de neurochirurgiens dont la compétence est validée au niveau européen.
- Le temps de travail des internes fait référence aux textes législatifs en cours sur la durée de travail hebdomadaire qui, à vrai dire, concerne tous les praticiens.
Faisant référence à ces textes, le temps de travail des internes est maximum de 48 Heures par semaine (temps de garde inclus). L’application stricte de ce texte dans plusieurs pays européens ( Allemagne, Grande Bretagne, Suisse, Scandinavie…) a fait apparaître de réelles difficultés pour atteindre les objectifs (quantitatifs) de formation. Dans certains de ces pays, la durée de l’internat est de 6 ans et il est d’ailleurs envisagé de la rallonger. Les Allemands ont fait d’importantes démarches auprès de leur gouvernement puis au niveau des instances européennes pour demander une extension de la durée de travail à 60 heures par semaine. Il a aussi été envisagé de décompter le temps inactif de la garde. En 2009, Le parlement européen a tranché et a récusé toute demande d’extension du temps de travail. Il demeure à 48H/ semaine et est en principe applicable à tout praticien exerçant au sein de l’union européenne. Ceci aura des répercutions importantes sur l’organisation des services de neurochirurgie et sur la formation des internes. Le texte du parlement est sur le site du collège.

- Les Diplômes de Compétence Etendue (DCE). D’importantes discussions ont eu lieu au niveau de l’UEMS sur la nécessité de renforcer la formation généraliste de neurochirurgie. Trois DCE sont en cours dont deux très avancés : le DCE en neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique : il fixe des objectifs en formation théorique et pratique avec la nécessité d’effectuer “un fellowship” dans un service “labellisé”. Il a été élaboré en collaboration avec les sociétés savantes concernées. Le Pr Lazorthes a été très impliqué et la finalisation de ce DCE est aboutie. Le DCE de neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique (version française) en cours d’élaboration en France s’en inspire directement. Le DCE en neuro oncologie est en cours d’élaboration et s’établit selon les mêmes principes : renforcer la formation de plus jeunes collaborateurs voulant s’impliquer en neuro oncologie. Il repose sur des objectifs de formation théorique et pratique avec des objectifs quantifiés pour les postulants et pour le service “labellisé” en neuro oncologie. A ce titre, l’actuel DIU de neuro oncologie correspond parfaitement aux exigences de connaissances théoriques du future DCE européen qui sera finalisé en cours d’année 2010. Il demeure à l’adapter au niveau national. Le DCE en chirurgie du rachis est en cours de discussion préliminaire et sera le prochain objectif de l’UEMS.
- Les modalités réglementaires de la Formation Médicale Continue au niveau européen sont en cours d’harmonisation. Le but est de mettre en place une FMC avec des formations validantes au cours des congrès européens. Les objectifs quantifiés ne sont pas encore validés.
- Des discussions concernent l’implication des neurochirurgiens ( ou nécessité de formation) en réanimation neurochirurgicale et en neuroradiologie interventionnelle. Elles sont très préliminaires car s’y affrontent des intérêts de spécialités.

Décès de José Aboulker - par le 25/11/2009 @ 13:17

Décès de José Aboulker, Compagnon de la Libération et neuro-chirurgien

PARIS - José Aboulker, Compagnon de la Libération, l'un des responsables de la Résistance en Algérie et neuro-chirurgien réputé, est décédé le mardi 17 novembre à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), à 89 ans, a annoncé lundi l'Ordre de la Libération.

José Aboulker avait souhaité que son décès ne soit connu qu'après son incinération et la dispersion de ses cendres, qui ont eu lieu lundi.

Il reste 47 Compagnons de la Libération en vie sur 1.036 hommes et femmes nommés dans cet ordre créé par le général De Gaulle.

Né le 5 mars 1920 à Alger dans une grande famille juive de médecins, étudiant en médecine, il est mobilisé sur place en avril 1940 comme médecin militaire.

Démobilisé en février 1941, il prend contact avec la Résistance à Oran et Alger. José Aboulker devient l'un de ses principaux animateurs de la Résistance en Algérie et prépare l'aide française au débarquement allié avec Henri d'Astier de la Vigerie.

Lors du débarquement américain le 8 novembre 1942, il commande l'occupation d'Alger par 400 résistants qui neutralisent les centres de commandement et de transmissions et arrêtent les responsables du gouvernement de Vichy, comme l'amiral Darlan et le général Juin. Avec leur aide, les Alliés prennent en quinze heures Alger, son port intact et les commandants en chef de l'armée d'Afrique.

Fin décembre 1942, après l'exécution de l'amiral Darlan par un jeune patriote, Aboulker est arrêté et déporté en Mauritanie puis dans le Sud algérien. Relâché sur intervention américaine, il rejoint Londres en mai 1943 et rencontre De Gaulle.

Il est nommé délégué à l'organisation du service de santé des maquis et des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et pour l'organisation sanitaire civile à la Libération. Il est envoyé en mission en France en octobre 1943.

En août 1944, il repart pour une deuxième mission dans la zone sud en insurrection.

José Aboulker est délégué de la Résistance d'Algérie à l'Assemblée consultative provisoire de Paris en 1944-1945 avant de reprendre ses études de médecine en 1946. Interne des Hôpitaux de Paris en 1948, membre du parti communiste, il devient un éminent professeur de neurochirurgie, connu dans le monde entier, chef de service des Hôpitaux de Paris.

Il s'engage pour l'indépendance de l'Algérie et s'oppose au retour du général De Gaulle en 1958. Mais, fidèle au chef de la France Libre, il vote en sa faveur en 1965. Il fait partie du service médical d'urgence constitué pour le président après l'attentat du Petit-Clamart, près de Paris, le 22 août 1962.

Il était le cousin de Pierre Aboulker, urologue réputé qui avait opéré en 1964 le général De Gaulle.

Compagnon de la Libération depuis le 30 octobre 1943, José Aboulker était commandeur de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec 3 citations et de la Médaille de la liberté américaine.

(©AFP / 23 novembre 2009 18h36)

Interview du Prof.Sidi Said par la Tribune - par le 24/07/2009 @ 21:11

Selon le Pr Abderahmane Sidi Saïd, président de la société algérienne de neurochirurgie

«80% des décès enregistrés sur nos routes sont dus à des traumatismes crâniens»

La tribune du 18/05/2009

ssaid.jpg
 

Entretien réalisé par Bilal Larbi

La Tribune : Professeur, pouvez-vous, en guise d’introduction, nous faire un bilan du dernier congrès de la
Société de neurochirurgie de langue française dont vous étiez le président ?
Professeur Abderrahmane Sidi Saïd :
Je me dois de vous dire au préalable que nos avions un  programme extrêmement chargé. Nous travaillions parfois jusqu’à 20 heures. Sans entrer dans des détails qui prendraient beaucoup de temps et qui risqueraient d’encombrer le lecteur, je dirai que les interventions des spécialistes algériens constituaient quelque 35% du volume total des interventions. Les thèmes discutés étaient bien évidemment très variés. Mais nous avons privilégié les sujets qui nous (pour la société algérienne de neurochirurgie) semblaient prioritaires à l’instar de l’endoscopie, de la neurochirurgie pédiatrique et de la pathologie vasculaire. Pour cette dernière, il y a lieu de vous dire qu’elle se traite par embolisation, c’est-à-dire que l’on n’a pas recours à la chirurgie traditionnelle.
Ailleurs, cette pathologie est prise en charge par les radiologues. Chez nous, ce n’est malheureusement pas le cas.

Et à quoi cet état de fait est-il dû ?
J’estime qu’il y a une défaillance quelque part. En dépit du fait que l’Etat ait mis des moyens colossaux, particulièrement tout ce qui a trait aux équipements, force est de constater que les choses n’évoluent pas. Il y a probablement une défaillance humaine. Si les neuroradiologues ne se manifestent pas pour prendre en charge cet aspect, nous sommes en tant que neurochirurgiens prêts à le faire. Pour en revenir au congrès, je me dois de vous dire que la part  du lion des interventions a été consacrée aux traumatismes crâniens.

S’agissant de ce dernier point justement, qu’y a-t-il lieu de dire de la situation prévalant dans notre pays ?
Les gens doivent savoir que, sur cent décès enregistrés sur les routes, 80% sont dûs à des lésions cérébrales ou celles relatives à la moelle épinière. Il y a un très grand travail à faire. Si l’aspect lié à la prévention est des plus déterminants, il n’en demeure pas moins que la prise en charge des malades doit s’améliorer. Pour que cette dernière le soit, il est impératif que le nombre de neurochirurgiens dans notre pays soit revu à la hausse. Actuellement, nous sommes quelque 300 neurochirurgiens pour quelque 36 millions d’habitants, ce qui représente à peu près quelque chose comme 1 neurochirurgien pour 120 000 habitants. Inutile de vous dire que nous sommes en deçà des normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) puisque cette dernière préconise un neurochirurgien pour 50 000 habitants. Lorsque le praticien fait l’objet d’un rush de la part des malades, cela ne peut que se répercuter sur la qualité des soins prodigués. Le spécialiste ne peut pas se concentrer sur son sujet. Il y a une forte demande alors que les structures n’ont pas évolué depuis la fin des années 1980. Beaucoup de patients souffrants sont paradoxalement mis sur la liste d’attente alors que leur cas relève de l’urgence. Cette situation n’est vraiment pas normale. Un autre facteur contribue à exacerber les difficultés rencontrées par le neurochirurgien dans son travail. Il s’agit de l’inexistence dans notre pays de cartes sanitaires des maladies relevant de la neurochirurgie. Depuis quelque temps, certaines maladies neurologiques (épilepsie, maladie de Parkinson) sont devenues chirurgicales. En 2006 déjà, nous nous sommes réunis avec nos plus proches collaborateurs (médecins urgentistes, réanimateurs et Protection civile) et nous avons convenu qu’il y avait lieu de prendre en charge, au plus vite, les traumatismes crâniens.

D’aucuns mettent en avant le manque de structures spécialisées pour expliquer la mauvaise prise en charge des patients. Quel votre avis à ce sujet ?
Les moyens existent. Nous avons les équipements nécessaires, tels l’endoscopie, les scanners… La défaillance se situe surtout au plan de la gestion des outils que nous avons sous la main. La défaillance est surtout structurelle et d’ordre organisationnel. Parfois, pour ne pas dire souvent, le médecin s’occupe de volets qui ne font pas partie de ses prérogatives alors que des structures censées prendre en charge un certain nombre d’aspects existent. Inutile de dire que de la sorte, une grande partie du temps du praticien est accaparée. On ne dira jamais assez que le spécialiste doit s’occuper de ses patients outre le temps qu’il consacre à la formation et au perfectionnement. 

Quelles sont les maladies relevant de la microchirurgie les plus fréquentes en Algérie ?
Il y a la neurochirugie pédiatrique englobant toutes les malformations et qui nécessitent un plan de prévention. Au sein des pays développés, l’adoption de ce plan a permis de réduire considérablement la survenue des malformations du système nerveux central. Outre cela, il y a les tumeurs cérébrales de l’enfant. Ces dernières, essentiellement, malignes, doivent être prises en charge au sein d’une unité d’oncologie. Chez l’adulte, il y a toutes les pathologies et  toutes les tumeurs rachidiennes. Avant que je n’oublie, je me dois de dire que la neurochirurgie est l’une des rares spécialités qui ne procèdent que rarement à l’envoi de malades à l’étranger.
En dépit des difficultés, parfois, une opération dure 8 heures, nous nous surpassons pour donner le meilleur de nous-mêmes.

Pensez-vous que la prise en charge des malades s’améliorera à l’avenir ?
Je ne le pense pas, j’en suis convaincu. Avec les nouvelles techniques, la prise en charge ne pourra que s’améliorer. Lors de rencontres comme ce fut le cas avec ce 59ème congrès de la SNCLF, les opportunités d’échange d’expériences et de manière de procéder sont très grandes. Ce n’est que de la sorte que nous pouvons améliorer les prestations que nous offrons à nos malades. Mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure, il est important qu’une meilleure rigueur et organisation soient réunies au sein de nos structures hospitalières.

Professeur, aimeriez-vous ajouter quelque chose en guise de conclusion à cet entretien ?
La prise en charge des traumatismes crâniens ne peut être assurée sans une stratégie minutieusement étudiée d’un plan de prévention. Il est plus qu’urgent que tout le monde s’implique afin que le nombre d’accidents enregistrés sur nos routes baisse. Ce n’est pas uniquement l’affaire des pouvoirs publics mais de toute la société civile. Il faudrait penser à cibler les élèves des écoles car ce sont eux les conducteurs de demain.


Le cerveau, plein d'intentions - par le 07/07/2009 @ 20:38

Une étude française vient de révéler où se cache l'intention de nos mouvements dans le cerveau…

Cela ressemble à s'y méprendre à un film de science-fiction. Tout a commencé par des vidéos tournées dans le bloc opératoire d'une unité de neurochirurgie des hospices civils de Lyon. Plan fixe sur la main du patient qui soudain gigote. « Avez-vous bougé ? », demande le chirurgien. « Non », répond hors champ le propriétaire de la main. Dans une autre scène, un patient affirme cette fois avoir remué la commissure des lèvres alors qu'il est resté parfaitement immobile…

Le cortex prémoteur et le cortex pariétal de patients ont été stimulés indépendamment lors d'interventions chirurgicales. Résultat : les intentions du mouvement sont situées dans le cortex pariétal, tandis que son exécution se trouve dans le cortex prémoteur.

Pour mener ces observations étonnantes, l'équipe du Centre de neuroscience cognitive1 dirigée par Angela Sirigu s'est invitée dans le bloc du professeur Carmine Mottolese lors d'interventions chirurgicales sur des patients volontaires et éveillés, atteints de tumeurs cérébrales. Des électrodes ont été placées directement sur certaines zones du cortex afin de vérifier l'activité cérébrale et de s'assurer que les fonctions importantes, comme la parole ou le mouvement, n'étaient pas touchées lors de l'extraction des tissus endommagés. Il ne restait plus ensuite à Angela Sirigu et à ses collaborateurs, Michel Desmurget et Karen Reilly, qu'à poser en direct leurs questions aux patients, sur les effets des stimuli électriques appliqués pendant la durée de l'opération.

Et leur conclusion, exposée dans un article paru dans Science2, est déconcertante : intention de mouvement et conscience de sa réalisation sont bien des entités distinctes dans le cerveau. En clair, « ce n'est pas parce qu'on bouge qu'on a conscience du mouvement, mais bien parce qu'on a, à l'origine, une intention préalable de bouger, analyse Angela Sirigu. Nos intentions du mouvement sont situées dans la partie postérieure du cerveau, dans le cortex pariétal, alors que son exécution se trouve dans le cortex prémoteur, à l'avant du cerveau. Quand elles ne sont pas lésées, ces deux régions travaillent main dans la main. Mais quand on les stimule indépendamment l'une de l'autre, on parvient à décomposer en quelque sorte le circuit cérébral qui conduit de l'intention du mouvement à sa réalisation. Chacune restant inconsciente de l'autre ». Par exemple, alors que l'équipe stimulait le cortex pariétal droit d'un patient, celui-ci a affirmé qu'il voulait bouger sa main gauche (les deux mains sont représentées de façon croisée dans le cerveau). Et en augmentant l'intensité de la stimulation, le patient a même eu l'impression de l'avoir bougée. Pourtant, les chercheurs avaient noté sa totale impassibilité musculaire. Idem pour un autre patient atteint d'une tumeur dans une région voisine du cortex pariétal gauche, importante pour le langage. Une fois stimulé, il a eu la nette sensation d'avoir bougé la bouche ou d'avoir passé sa langue sur ses lèvres. En augmentant la stimulation, il a demandé aux chercheurs s'il avait parlé et ce qu'il avait dit. En réalité, il n'avait pas proféré un son. À l'inverse, la stimulation du cortex prémoteur voisin engendre des mouvements inconscients. Les personnes opérées bougent leur jambe ou leur main sans le savoir.

Pourra-t-on permettre aux handicapés d'effectuer quelques mouvements ? C'est un pas qu'Angela Sirigu, prudemment, ne franchit pas pour l'instant. Bien sûr, il y a d'autres articles en préparation. L'équipe doit prochainement vérifier certains aspects de ces réponses telles que leurs latences respectives, c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre l'instant où on applique le stimulus et le moment où apparaît cette réponse. Car parfois, le cerveau décide d'un mouvement avant même d'en informer son possesseur. Laissant le monde de la recherche perplexe : d'où viennent alors nos intentions ? Sommes-nous régis par nos neurones ou bien avons-nous encore notre libre arbitre ? La théorie de la chercheuse est qu'il y aurait plusieurs systèmes intentionnels dans le cerveau. Et que l'intention de mouvement ne serait que l'un d'entre eux…

Traitements interventionnels, chirurgie et réhabilitation interdisciplinaire de la lombalgie. - par le 03/07/2009 @ 08:53

Recommandations de prise en charge clinique pratique de la Société Américaine de la Douleur

Interventional therapies, surgery, and interdisciplinary rehabilitation for low back pain. An evidence-based Clinical Practice Guideline from the American Pain Society.
Chou R et al.
Spine 2009 ; 34 : 1066-1077

5% des lombalgiques chroniques consomment 75% des coûts de santé. C’est pourquoi, de très nombreuses recommandations pour la lombalgie chronique avec ou sans radiculalgie ont vu le jour ces dernières années. On sait cependant, que la plupart d’entre elles ne sont pas suivies. C’est donc l’intérêt de ce numéro spécial de Spine de mai 2009 que de faire un petit rappel clinique aux praticiens, d’autant qu’on observe une recrudescence récente des pratiques invasives dans ce domaine, particulièrement aux USA.

3 348 résumés et 161 études randomisées ont permis le développement de 8 recommandations pratiques d’aide à la décision médicale.
Le principe de décision médicale partagée est discuté ici et s’appliquerait lorsque qu’au moins deux options médicales raisonnables sont possibles. L’objectif est de faire participer au maximum le patient, d’obtenir une meilleure connaissance, des attentes plus réalistes, une diminution des patients indécis et une amélioration de l’accord du patient en termes de valeurs et de choix. Le corollaire est une diminution de la proportion de patients qui demandent le recours à la chirurgie d’après deux études publiées en 2000 et 2001. Ceci est à valider bien sûr.

La première recommandation rappelle l’inutilité des discographies et autres gestes diagnostiques invasifs dans la lombalgie chronique sans radiculalgie. Il n’y a pas assez de données pour effectuer des blocs anesthésiques périradiculaires, interarticulaires postérieures, ou des sacro-iliaques à visée diagnostique dans les lombalgies avec ou sans radiculalgie.
La seconde recommandation insiste sur la prise en charge interdisciplinaire des patients lombalgiques, qui ne répondent pas aux approches usuelles. Cette prise en charge doit être intégrée à un programme intensif de réhabilitation utilisant les approches cognitives et comportementales.
La troisième recommandation stipule que les infiltrations, cortisonées (épidurales, interarticulaires postérieures, intradiscales, sacro-iliaques), tout comme la radiofréquence, les blocs thérapeutiques et la morphine intrathécale ne sont pas recommandées dans les lombalgies chroniques sans radiculalgie.
La quatrième et la septième recommandent de discuter l’indication chirurgicale dans les lombalgies avec ou sans radiculalgie par hernie discale ou rétrécissement canalaire, afin de proposer une vraie décision médicale partagée. Il est nécessaire d’expliquer au patient que la prise en charge interdisciplinaire intensive est une vraie alternative thérapeutique et que les résultats d’une intervention chirurgicale dans ce contexte sont souvent médiocres (efficacité modérée à 6-12 semaines et nulle à 1-2 ans par exemple en cas de lombalgie avec radiculalgie).
La cinquième recommandation rappelle qu’il n’y a pas assez de données à long terme (2 ans) concernant l’intérêt des prothèses discales chez les patients lombalgiques non radiculaires.
La sixième recommandation s’intéresse aux lombalgies avec radiculalgie d’origine discale et conclue qu’il y a peu de données et un bénéfice modéré à court terme (6 semaines) et une absence de bénéfice à long terme des infiltrations épidurales. Les données sont insuffisantes pour ces infiltrations épidurales dans les rétrécissements canalaires.
Enfin, la huitième et dernière recommandation conseille d’éviter la stimulation médullaire dans les douleurs lombaires avec radiculalgie, mais sans compression nerveuse persistante avérée compte tenu des risques de cette technique (25% des cas).

Cette synthèse est intéressante à considérer, car elle rappelle (encore) les bases de la prise en charge des pathologies douloureuses chroniques rachidiennes. Elle recommande notamment de limiter la chirurgie, les infiltrations cortisoniques et la stimulation médullaire à certaines indications, compte tenu des résultats modérés en terme de douleur et de handicap. De plus, elle rappelle que ces techniques ne doivent pas être proposées isolément et que les approches multidisciplinaires ont une large place.

La neurochirurgie marocaine entre les techniques de pointe et les maladies parasitaires - par le 02/07/2009 @ 11:03

Accidents de la voie publique, chutes et agressions, les trois principales causes des traumatismes cérébraux.

La neurochirurgie marocaine entre les techniques de pointe et les maladies parasitaires.

Pour le Pr Mustapha El Azouzi, président du XVIIIe congrès national de neurochirurgie, qui s’est tenu à Asilah du 18 au 21 juin, l’avenir de la neurochirurgie est dans l’hyperspécialisation, selon l’aveu du Pr. Peter Black, président de la Fédération mondiale de neurochirurgie qui dit «superspecialization is the wave of the future». Le XVIIIe congrès national de neurochirurgie a été marqué par l’exposé du Pr Fouad Bellakhdar, chef de service de neurochirurgie à l’Hôpital Ibn Sina de Rabat, sur la stimulation cérébrale profonde, comme alternative thérapeutique dans la maladie de Parkinson, technique introduite au Maroc depuis environ 5 ans. Selon un travail du service de neurochirurgie du CHU Mohammed VI de Marrakech, les traumatismes crâniens sont des lésions très fréquentes. Ils représentent la première cause de mortalité des sujets avant l’âge de 45 ans. Cette étude qui a concerné 4 300 cas, de traumatismes crâniens entre 2003 et 2008, pointe une fois de plus trois grandes causes, les accidents de la voie publique (40%), les chutes 37,5% et les agressions (18%). Le scanner représente l’examen-clé pour préciser le bilan lésionnel et justifier une intervention neurochirurgicale urgente.

Par ailleurs, une étude conduite par les services de neurochirurgie et de réanimation chirurgicale de l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat a montré que la prise en charge des traumatisés crâniens (TC) graves a beaucoup évolué. Les traumatismes vasculaires carotidiens, intéressant essentiellement les vaisseaux à destinée encéphalique, exposent à un risque hémorragique et neurologique très important en plus du risque septique et respiratoire commun à toutes les plaies cervicales, a indiqué le travail présenté par le service de chirurgie vasculaire du CHU Ibn Sina de Rabat. Cette pathologie nécessite une prise en charge urgente afin de préserver le pronostic vital tout en évitant la survenue de séquelles neurologiques potentiellement irréversibles. De leur côté, les sténoses carotidiennes athéromateuses représentent 40% des étiologies des accidents vasculaires cérébraux. Celles-ci posent un problème majeur de santé publique par leur mortalité et les handicaps physique et cognitif qu’ils entraînent.

Ce XVIIIe congrès a montré que grâce au contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire, l’utilisation des anti-agrégants plaquettaires et l’arrivée des techniques endovasculaires ont nettement amélioré la prise en charge de cette pathologie. Cette XVIIIe édition de formation médicale continue a fait preuve d’un courage scientifique indéniable, en s’attaquant à la problématique des infections post-neurochirurgicales. Elles résultent d’une contamination exogène ou endogène que les défenses locales et générales de l’organisme n’ont pas réussi à juguler. Ces infections sont diverses, et leur survenue dépend de trois acteurs: le malade et sa pathologie, l’opérateur et la bactérie, précise le travail présenté par l’équipe du service de neurochirurgie de l’hôpital Al Ghassani du CHU Hassan II de Fès. Une autre étude présentée par le service de neurochirurgie du CHU Mohammed VI de Marrakech, sur la prise en charge des anévrysmes intracrâniens, rappelle que l’évolution de cette déformation de la paroi artérielle se fait vers une augmentation du volume, ce qui conduit à une fragilisation de la paroi artérielle. C’est pourquoi une rupture de l’anévrisme est le mode de découverte le plus fréquent et aussi le plus dramatique. C’est une pathologie fréquente qui pose un problème thérapeutique et nécessite une prise en charge multidisciplinaire.

Les traumatismes crâniens de la voie publique - par le 19/05/2009 @ 20:27

Morts dans les accidents de la voie publique
Les traumatismes crâniens en sont la cause majeure
Par :Souhila Hammadi - Liberté

Les accidents de la route font plus de 4 000 morts, chaque année.  80% d’entres-eux meurent d’un traumatisme crânien, selon les neurochirurgiens. Les miraculés sont exposés aux risques d’une invalidité permanente. Les lésions secondaires sont souvent plus meurtrières.

“Les traumatisme crâniens sont la première cause de mortalité des accidentés de la route”, a indiqué le Pr Benbouzid, chef de service de neurochirurgie au CHU de Bab El-Oued, en marge des travaux du 59e congrès de neurochirurgie de langue française, organisé par la Société algérienne de neurochirurgie du 15 au 18 mai à l’hôtel Sheraton. Son collègue, Pr Abderrahmane Sidi Saïd, a situé la proportion des traumatismes crâniens fatals à 80% des morts enregistrés sur la voie publique. “C’est un grand problème en Algérie. Les traumatismes crâniens deviennent de plus en plus fréquents et grave”, a poursuivi Pr Benbouzid. 20 000 nouveaux traumatisés crâniens sont enregistrés chaque année dans le pays. Ce chiffre n’est toutefois pas exhaustif.  Pr Benbouzid a soutenu qu’il n’est point possible de fournir des statistiques fiables, en raison de l’absence d’études sérieuses sur le phénomène. D’autant que la route, qui tue annuellement plus de 4 000 personnes et provoque des blessures à gravité variable à des dizaines de milliers d’autres, n’est pas incriminée seule. Les accidents ne sont pas rares non plus sur les chantiers du secteur du bâtiment. “Les échafaudages ne sont pas toujours solides et les ouvriers ne sont pas systématiquement équipés de casques de protection. Pendant la cueillette des olives, en Kabylie, nous enregistrons beaucoup de cas de traumatismes crâniens, qui sont causés par les chutes des dalles (niveaux de maisons en construction, ndlr)”, a ajouté le Pr Moussaoui, neurochirurgien exerçant à titre privé. À ces causes se greffent d’autres, à l’instar des accidents sportifs, professionnels, domestiques ou encore les agressions avec une arme contendante, par exemple. Les neurochirurgiens algériens regrettent l’insuffisance de structures médicales pour la prise en charge rapide et surtout efficace des personnes atteintes d’un traumatisme crânien ou une blessure médullaire (atteinte de la moelle épinière). “La prise en charge médicale a besoin d’être amélioré”, a affirmé Pr Benbouzid. Il a surtout insisté sur l’impératif d’avoir les gestes qu’il faut sur les lieux mêmes de l’accident. “Il faut mettre l’accidenté en condition avant de le transférer vers l’hôpital. Sinon, son cas s’aggravera” a-t-il précisé. La violence du choc, au moment de l’accident, provoque une lésion cérébrale primaire ou initiale, qui met en jeu le pronostic des traumatismes cranio-cérébraux graves. Le développement des lésions cérébrales secondaires, dans les minutes ou les heures qui suivent l’impact, aggrave l’état du patient, jusqu’à entraîner son décès ou induire des conséquences irréversibles. “Les lésions primaires, telles qu’une embarrure ou un hématome, peuvent se greffer, pendant les heures et les jours qui suivent le traumatisme, des lésions secondaires liées soit à des facteurs systémiques (hypotension artérielle, hypoxie... ), soit à des facteurs intracrâniens (hypertension intracrânienne, crises comitiales...). Dans les deux cas, la conséquence est constamment ischémique avec de gros risques de mortalité”, explique-t-on dans les abstracts de neurochirurgiens. “Le plus important, pour éviter les complications, n’est pas d’évacuer rapidement l’accidenté vers l’hôpital, mais de lui assurer un transfert de qualité”, a souligné le Pr Benbouzid, corroboré par son confrère Pr Moussaoui.
Il est établi, dans les pays dotés d’une bonne politique de santé, que la combinaison de soins prodigués sur les lieux d’accident par une équipe d’urgence médicalisée puis une hospitalisation immédiate, entamée par des examens radiologiques (scanner et IRM) et suivie d’une intervention chirurgicale rapide, a sauvé la vie à de nombreux traumatisés cérébraux, trouvés dans un état critique et leur a même épargnés des séquelles invalidantes. Pour le Pr Moussaoui, il faut considérer, au départ, l’accidenté comme un polytraumatisé. Ce qui sous-entend le manipuler convenablement pour ne pas provoquer des lésions secondaires.
À ce titre, il a prévenu contre la promptitude des citoyens à sortir les victimes de la carcasse des véhicules ou à les transporter à l’hôpital, dans leurs propres voitures, sans attendre l’ambulance. “Il ne faut surtout pas les bouger. Il faut éduquer les gens à ce comportement”, a-t-il recommandé.
Au-delà, il est primordial de surveiller un adulte et particulièrement un enfant, après une chute ou un coup reçu sur la tête, même si au moment du choc, il ne semble pas présenter un malaise inquiétant. Les maux de tête, nausées, somnolence, des difficultés à marcher ou à parler… sont des signes d’alertes, car l’évolution d’un hématome peut conduire au coma dans les heures qui suivent l’accident. L’on nous cite le cas d’un adolescent, présenté, il y a quelques années, à un  hôpital de Constantine, après avoir été percuté à la tête, par un ballon lors d’un match de football. Le médecin de garde le renvoie chez-lui avec une prescription d’antalgiques contre ses maux de tête, sans penser à le diriger vers un examen de radiologie ou scanner (les hôpitaux n’était pas dotés, tous, d’une IRM à l’époque).
L’adolescent décède quelques heures plus tard des suites d’un traumatisme crânien non décelé.  Les neurochirurgiens, rencontrés à l’hôtel Sheraton, recommandent vivement la prévention, par le port de casques pour les motards (une obligation non réprimée dans le pays), de la ceinture de sécurité et des équipements de protection dans les chantiers.


El Moudjahid : 59ème Congrès de la SNCLF - par le 17/05/2009 @ 14:47

59ème congrès de la Société de neurochirurgie de langue française

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Les travaux du 59ème congrès de la Société de neurochirurgie de langue française (SNCLF) se sont ouverts vendredi après midi à Alger avec la participation de plus de 400 spécialistes nationaux et étrangers.

Les travaux du 59ème congrès de la Société de   neurochirurgie de langue française (SNCLF) se sont ouverts vendredi après midi   à Alger avec la participation de plus de 400 spécialistes nationaux et étrangers. Cet évènement scientifique regroupera quatre jours durant, plusieurs  praticiens en provenance de plusieurs pays francophones (Suisse, France, Sénégal,   Canada, Belgique), de pays non francophones (Etats-Unis, Argentine, Roumanie,   Allemagne, Guinée) et du Maghreb arabe (Tunisie, Mauritanie et Maroc). Dans son allocution d'ouverture, la ministre déléguée à la Recherche  scientifique Mme. Souad Bendjaballah a souligné que sa présence dans cet  espace scientifique "s'inscrit dans une démarche d'accompagnement de la   communauté scientifique à travers toutes ses composantes, être à son écoute   et tisser des liens qui pourraient nous permettre de concrétiser la politique nationale   de recherche scientifique".  Après avoir exposé la politique nationale en matière de recherche scientifique,  la ministre a insisté sur l'importance de la mise en réseau des compétences  algériennes dans le domaine, relevant également la mise en en place, au cours  du troisième quinquennat, d'un système de recherche et de formation mis au service  du développement.
De son côté, le président de la Société de neurochirurgie de langue  française (SNCLF), M. Marc Sindou a abordé dans son intervention, les liens  linguistiques et culturels qui lient précisément les pays de la Méditerranée,  ajoutant que cette manifestation est une occasion pour seller des liens d'amitiés  et de travail entre ces pays".  Pour sa part, le président de la Société Nationale de Neurochirurgie  (SANC), Pr. Abderahmane Sidi Saïd a précisé que cette rencontre scientifique  qu'abrite pour la première fois l'Algérie, traitera de différents thèmes, notamment  la neurochirurgie fonctionnelle, la pathologie vasculaire, la neuroendoscopie  et la pathologie rachidienne.  Des ateliers dédiés à des démonstrations techniques de certaines  interventions neurochirurgicales seront parallèlement organisés à cette occasion,  a-t-il encore indiqué. La projection d'un film-documentaire américain de sensibilisation, d'une  quarantaine de minutes, sur les traumatismes crâniens, illustrant sur un plan  anatomique la gravité et les conséquences des accidents de la circulation chez  l'enfant, est également prévue en marge de ce congrès.
Cette manifestation scientifique sera aussi l'occasion de faire profiter  le collectif neurochirurgical en formation et les jeunes assistants des expériences  étrangères afin de faire progresser cette spécialité en Algérie, en vue de garantir  une meilleure prise en charge des malades, a souligné le président de la SANC.  La SNCLF, qui a pour but de réunir en assemblées périodiques, les neurochirurgiens  d'expression française pour favoriser par leurs discussions et leurs travaux  les progrès de la neurochirurgie, avait choisi l'Algérie en 2006, à la majorité  écrasante, comme pays organisateur de son 59ème congrès. Le rapport annuel de la SNCLF sera également présenté au cours de cette  rencontre.


El Watan - 59ème Congrès de la SNCLF - par le 17/05/2009 @ 14:44


 « La neurochirurgie algérienne se porte très bien »

Pr Sidi Saïd. Président de la société algérienne de neurochirurgie

« La neurochirurgie algérienne se porte très bien »


-  La Société algérienne de neurochirurgie (SANC) organise, depuis vendredi, le 59e Congrès de la Société de neurochirurgie de langue française (SNCLF). Pourquoi le choix de l’Algérie, et quelles sont les nouveautés ?

- La Société de neurochirurgie de langue française rassemble les neurochirurgiens d’expression française à travers le monde et dont une grande partie est même originaire de pays non francophones (pays d’Amérique latine, USA, Brésil, Portugal, Allemagne…). En somme, l’objectif essentiel est le développement et le progrès, par nos rencontres et nos échanges d’expériences, de la pratique neurochirurgicale, qui, en somme, représente pour nous tous le « langage » universel, mais en plus nos rencontres permettent le maintien du niveau de qualification et le renforcement de nos liens. La SNCLF organise chaque année un congrès, les années paires en France, qui est depuis ces dernières années jumelé avec la Société française de neurochirurgie, et les impairs dans un pays « francophone ». Quelques villes ayant abrité le congrès : Turin (1987) ; Montréal (1999) ; Beyrouth (2001) ; Belo-Horizonte (Brésil 2005) ; Tozeur (Tunisie 2003). Alger a présenté sa candidature, qui a été retenue après un vote des membres de la SNCLF, lors de la réunion annuelle de Paris en novembre 2006. Ce choix n’est pas fortuit, il s’inscrit dans la place qu’occupe notre société dans l’espace maghrébin, méditerranéen arabe et africain, par les progrès accomplis et la présence en nombre et en qualité des travaux présentés par les neurochirurgiens algériens. La neurochirurgie est une spécialité qui bénéficie peut-être le plus des progrès et des avancées technologiques de ces dernières années, et ce type de rencontre verra durant nos travaux et nos discussions ce qui se pratique dans notre domaine à travers le monde.

-  De nombreux participants étrangers prennent part à cette importante rencontre scientifique. Quelles sont vos attentes ?

- Effectivement, des praticiens de renom seront présents à Alger pour présenter leurs travaux. Les discussions et les débats qui suivront vont certainement permettre à nos jeunes d’en tirer un grand bénéfice, d’autant plus que beaucoup d’entre eux y assisteront pour la première fois (à défaut de pouvoir se rendre à l’étranger) à une rencontre scientifique de cette importance. La participation de neurochirurgiens, mais aussi radiologie interventionnelle, de radiothérapie (et de radiochirurgie) d’endocrinologie, neurologie, ophtalmologie, pédiatrie atteste de la richesse du programme scientifique et de son aspect pluridisciplinaire. Des consensus et des mises au point y seront rédigés pour servir de base de travail et d’initiation à la recherche. La neurochirurgie algérienne (1 neurochirurgien pour 12 000 habitants) se porte très bien, et la confiance qui nous est faite pour l’organisation de ce congrès en est la preuve. C’est certes une spécialité dure, difficile, astreignante, mais… passionnante, qui a été la moins pourvoyeuse de transferts. La pathologie vasculaire, dont de gros progrès ont été accomplis dans les traitements endovasculaires (embolisation) à travers le monde, constitue, hélas, chez nous, une défaillance à laquelle il faudrait pallier rapidement. Par ailleurs, même si nous disposons de gros équipements médicaux (microscopes, neuronavigation, endoscopie, radiochirurgie et stéréotaxie…), certains problèmes structurels, organisationnels et socioprofessionnels doivent trouver des solutions auprès des pouvoirs publics, afin d’éviter « l’épuisement » du chirurgien, qui alors se concentrera pleinement à son domaine, la chirurgie, l’enseignement et la recherche.

-  Les débats portent sur des thèmes d’actualité, notamment sur la chirurgie fonctionnelle des nerfs et de l’angle ponto-cérébelleux, les tumeurs de la base du crâne, les pathologies vasculaires. Où en est le neurochirurgien algérien dans la prise en charge de cette panoplie d’affections ?

- En effet, des communications seront présentées sur les diverses thérapeutiques dont les douleurs trigéminales, les hémispasmes faciaux qui peuvent à présent bénéficier de traitements chirurgicaux qui se font en Algérie, et éviter ainsi non seulement aux patients la douleur, mais aussi des traitements longs et coûteux (et indisponibles !). Des perspectives thérapeutiques dans les acouphènes et les vertiges seront également présentées au cours de la présentation du rapport annuel de la société.

-  La neuroendoscopie semble être bien maîtrisée dans certains services de neurochirurgie. Est-il possible de généraliser cette technique dans d’autres établissements ?

- Effectivement. Comme de par le monde, certains services se spécialisent particulièrement dans un domaine spécifique, qui, le plus souvent, devient le service référent. Cette expérience, bénéfique pour tous, fait alors bénéficier tous les autres services, comme cela a été le cas chez nous où nous avons, même au-delà, initié sous l’égide de la société, en mars 2008, un cours africain sur l’endoscopie en neurochirurgie. Je vous informe qu’en 2008, notre société a également été retenue pour organiser en décembre 2010, le VIIIe Congrès PANARAB à Alger.

Par Djamila Kourta


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